Histoire (993-1509)
Bernard-Hugues de Serralongue épouse Ermesande, fille de Raymond de CORTSAVY ( + 1194, seigneur de Corsavy, Labastide et Boule d’Amont, veuve de Raymond de Ternes, et mère de Olivier de Ternes
Ils ont eu 5 enfants
1. Raymonde de Serralongue qui épouse Raymond de Canet
2. Saurina de Serralongue
3. Guillem-Hugues de Serralongue
4. Armand de Serralongue, chanoine d’Elne
5. Raymond de Serralongue hérite de la baronnie de Corsavy et de Labastide
a. Armand de Cortsavy épouse Gueralda
b. Raymond de Cortsavy, évêque de Majorque en 1318
Pierre de ROCAFORT, fils de François de Rocafort, fut nommé en 1390 châtelain du château de Corsavy dont la seigneurie appartenait à la reine Yolande épouse du roi Jean Ier d’Aragon
François de Rocafort, fils de Pierre de Rocafort, bailli de Corsavy et de Collioure sous le règne de Alphonse V
Romeu de Rocafort, fils de François de Rocafort. Partisan de Jean II roi d’Aragon, ses biens furent confisqués en 1477 par Louis XI. Il est décédé en 1483, ne laissant qu’une fille Eléonore mariée au chevalier Jean de Pau. En 1494 après la restitution du Roussillon à la couronne d’Aragon, Ferdinand le Catholique accorda à Eléonore de Rocafort et à son mari des pensions sur les revenus de Prats de Mollo, Corsavy, Labastide et Conat
Jean Ribes ( haut et moyen Vallespir Tome 1)
...Saint Martin. C’est peut-être pour cette raison que la famille seigneuriale n’a pas voulu assister à la dite cérémonie puisque on la retrouve, en 1159. à celle de Saint Pierre du Riuferrer. »
Raymond, seigneur de Cortsavi, qui devait être le petit-fils de Ramon Bracads, eut trois filles: Ermessende, Giraula et Marie. Ermessende épousa en 1197, Raymond des Termes, l’un des plus puissants seigneurs du Narbonnais, célèbre par la défense qu’il fit dans son château contre les troupes de Simon de Mont fort en 1210. Les défenseurs du château, dont la plupart étaient roussillonnais, périrent à peu près tous les armes à la main. Raymond, lui-même mourut vers 1211. il ne laissa qu’un fils, Olivier des Termes qui se distingua dans toutes les expéditions de son temps et fut un des plus célèbres chevaliers du XIIF siècle.
Ermessende épousa alors Bernard Hugues de Serrallonga dont elle eut trois fils et deux filles. Des trois fils, Guillem Hug, Raymond et Arnald, le dernier devint chanoine d’Elna en 1241, Raymond fut évêque de Majorque et Guillem succéda à son père. »
~< A la mort d’Ermessende, la seigneurie de Cortsavi et de La Bastida passa à Raymond de Serrallonga second fils de Bernard Hugues. Peu de temps après, Bernard de So devint seigneur de Cortsavi et de La Bastide.
Le 18 des calendes d’octobre 1335, Bernard de So cède à Jacques II de Majorque, la baronnie de Cortsavi.
A la fin du XIV siècle, Jean Ier d’Aragon, nomme le donzell Pierre de Rocafort, châtelain de Cortsavi dont la seigneurie appartient à la reine Yolande.
Le roi Jean Il s’empara du château de Cortsavi vers 1474.
Le seigneur de Rocafort fut le dernier à occuper le château de Cortsavy...
(On remarquera tout au long de ce récit, les diverses dénominations données à ce lieu, au fil des siècles, pour en arriver au nom de Cortsavi qui devrait être encore la véritable orthographe de ce charmant village.)
Une lettre du maire de Cortsavi datée du 20/4/1821, conservée aux archives de M. Bonnefoy auteur de « Epigraphie Roussillonnaise » dit : « à un quart d’heure au sud-est de Cortsavi, on trouve les restes d’un autre château. Il pourrait être plus ancien que celui dont nous venons de parler. Il a été appelé pendant longtemps < Lo Castell Vell ». Aujourd’hui on y a bâti une maison d’exploitation connue sous le nom de Can Gallart. »A quelques centaines de mètres au N.-O. du village, on voit encore aujourd’hui la tour à signaux destinée à la défense du château seigneurial. Cette tour ronde, de 2,50 mètres de diamètre intérieur, comporte deux niveaux couverts chacun par une voûte. Un contrefort a été bizarrement construit sur les deux tiers de son pourtour, jusqu’à hauteur du premier étage à partir duquel on aperçoit les traces d’une cheminée destinée à dégager la fumée ou la flamme selon l’état de la visibilité.
De cette tour on aperçoit la tour de Batère qui domine la plaine du Roussillon et aussi la tour de Cabrenç dont la seigneurie fut longtemps apparentée à celle de Cortsavi.
Plus loin, à 14 km de Cortsavi, sur la chaîne de montagne qui descend du Canigou à Palalda, en passant par le Roc Nègre, se trouve le coll de Port à la limite du Vallespir et du Confient. C’est là que fut construite la célèbre tour dite de Batère.
De cette tour, Anny de Pous, spécialiste en la matière, nous fait la description suivante
« Du côté du sud, Batère voit le château et la tour de Cortsavy, le château de Mollet (Mont ferrer), et celui de Cabrenç dans son ensemble, la tour de Montalen (Cos), et au sud la tour adjointe du Mont Doyn.
Cette tour est ronde et ne comporte, actuellement, qu’un étage au-dessus de la citerne, dont la voûte est effondrée. Mais il reste la porte donnant accès à l’escalier aménagé dans le mur effondré lui aussi avec la paroi nord de la tour. L’espace libre intérieur est de 4,50 m de diamètre, on y voit la trace d’une cheminée.
Comment dans un espace aussi restreint, pouvaient loger quatre ou cinq hommes et le chien réglementaires et leur approvisionnement mensuel.‘ Il est donc probable qu’il y avait un étage supplémentaire. »
< L’ancienne église de Cortsavi était éloignée du village. En 1001, Berenger, évêque d’E/ne, donna cette église, dédiée à Saint Martin, à Sintilla. abbé d’Arles, en échange d’autres biens. Elle fut consacrée en 1158 par Artaldus Il, évêque d’E/ne. »
Les ruines de cette église sont encore visibles en dessous du village, près de la route qui conduit à Arles, Elles servirent, un certain temps, de réservoir pour recueillir les eaux pluviales amenées là par des petits canaux creusés dans la terre. D’après une vieille tradition orale, le culte ne fut plus célébré dans cette église depuis un crime odieux perpétré par des étrangers à la paroisse, dans l’intérieur du sanctuaire, sur la personne du curé.
C’est peut-être pour cette raison que la nouvelle église fut construite, en 1775, dans l’intérieur du village. Cette date est gravée sur le linteau du frontispice. Les habitants de Cortsavi participèrent activement, dit-on, à son édification. Une partie des frais fut comblée par la vente de quelques terres possédées par le conseil de fabrique. La vieille famille Vilanova fournit tous les bois nécessaires à la construction de la charpente.
La paroisse de Cortsavy, taxée à quinze livres, fut conférée, en 1391 à Nicolas Rossignol.
En 1548, Etienne Porta, curé de Cortsavi, laisse un legs au profit du monastère d’Arles.En 993, Bérenger, évêque d’Elne, consacre une chapelle a « Sancti Martini, in villa Rivo Ferrario. » Cette chapelle réapparaît dans un document de 1011, sous le vocable de « Valle vetere rivi Ferrarii superiori (et subteriori) cum ecclesia S. Martini Curtis Savini. » (Eglise Saint Martin de Cortsavi sur la rive supérieure de la vieille vallée du Riuferrer).
Donc, aucun doute n’est possible, il s’agissait déjà, en 993, de cette même chapelle, dont nous admirons aujourd’hui les belles ruines.
En 1001, le même Bérenger fait donation de cette chapelle à Sintilla, abbé du monastère d’Arles, en échange d’autres biens.
La seigneurie de Cortsavi, ne voulant pas se soumettre au monastère d’Arles, fit construire, elle aussi, sa propre chapelle dans l’enceinte du château féodal, qu’elle dédia à Saint-Jacques. Les dépendances du château devaient occuper, à ce moment-là, tout le haut quartier du village actuel.
En 1158, Arnal III, évêque d’Elne, consacra la chapelle Saint-Martin qui devint, dès lors, l’église paroissiale des éleveurs de Cortsavi. Cette consécration se fit sans l’assentiment des châtelains du lieu qui manifestèrent, à leur façon, leur mécontentement. En voici le premier acte
Le 3 des ides d’octobre 1157, Bernard de Cort Savino, son frère Guillem et leur mère Blanca, assistèrent à la consécration de l’église Saint-Etienne d’Aria. On les retrouve, tous les trois, à une cérémonie identique qui eut lieu, en 1159,à Saint-Pierre du Riu ferrer. Par contre, aucun d’eux n’assista à la consécration de l’église Saint-Martin, ni à celle de Sainte-Cécile de Cos qui eurent lieu pendant l’année intermédiaire de 1158. où le clergé et les seigneurs du Vallespir, et même du Roussillon, étaient représentés.
L’évêque Arnal ne manqua d’ailleurs pas de déclarer, à cette occasion. que la chapelle nouvellement construite auprès du château, « Ecclesiola quoe novita constructa est juxta castrum Curti Savini », sera pour toujours soumise à l’église Saint-Martin que nous venons de consacrer.
Les seigneurs de Cortsavi firent le nécessaire pour que l’église Saint-Jacques soit, en fait, l’église paroissiale, même si elle ne l’était pas en droit. Ils y réussirent parfaitement. Bernard de So, l’un des derniers seigneurs de Cortsavi, y fonda même un bénéfice.
Nous pensons qu’en raison des rivalités qui existaient entre la féodalité de Cortsavi et les autorités religieuses, il est bon de faire un bref historique de cette puissante seigneurie pendant la période qui intéresse notre récit.
En 1007, Bernard Taillefer, comte de Besalu, seigneur du Vallespir, fait une donation à l’abbaye d’Arles. L’acte signé à cette occasion mentionne,, comme terres 1imitrophes, le «féo de Cort Savino »(fief des étables de Savin).
Cortsavi n’était donc, à cette époque, qu’un domaine composé d’étables appartenant au seigneur auquel le vassal, Savin, rendait foi et hommage.
En 1020. le comte Taillefer légua à sa fille, Constancia, le fief de « Cort Savino » tenu, à ce moment-là, par un nommé Oriol. Le changement de tenancier n’influa en rien sur le nom du lieu qui garda sa signification jusqu’à ce qu’il fut estropié par sa francisation.
En 1106, apparut pour la première fois le nom de Ramon Brachiati,, de « Cort Savino ». Ce dernier signa. en qualité de témoin, une donation faite par le comte de Besalu à l’église Saint-Paul de Narbonne.
En 1119, Bernard Ramon de « Curti Savini », signa également comme témoin, un acte de donation à l’abbaye d’Arles, par Guillem Raimondi de Palatiodan. ( Palais de Dan ou Palalda ).
Ramon de Cortsavi, seigneur aussi de la Bastida et de Bula, mourut en 1194. il laissa trois filles dont l’aînée, Ermessende, épousa Raymond des Termes, le puissant seigneur du Narbonnais, qui décéda en 1212. Ermessende, épousa alors Bernard Hugues de Serrallonga, avec lequel elle eut trois fils et deux filles.
A la mort d’Ermessende, la seigneurie de Cortsavi passa à Ramon de Serrallonga, second fils de Bernard Hugues.
Raymond, seigneur de Cortsavi, qui devait être le petit-fils de Ramon Bracads, eut trois filles: Ermessende, Giraula et Marie. Ermessende épousa en 1197, Raymond des Termes, l’un des plus puissants seigneurs du Narbonnais, célèbre par la défense qu’il fit dans son château contre les troupes de Simon de Mont fort en 1210. Les défenseurs du château, dont la plupart étaient roussillonnais, périrent à peu près tous les armes à la main. Raymond, lui-même mourut vers 1211. il ne laissa qu’un fils, Olivier des Termes qui se distingua dans toutes les expéditions de son temps et fut un des plus célèbres chevaliers du XIIF siècle.
Ermessende épousa alors Bernard Hugues de Serrallonga dont elle eut trois fils et deux filles. Des trois fils, Guillem Hug, Raymond et Arnald, le dernier devint chanoine d’Elna en 1241, Raymond fut évêque de Majorque et Guillem succéda à son père. »
~< A la mort d’Ermessende, la seigneurie de Cortsavi et de La Bastida passa à Raymond de Serrallonga second fils de Bernard Hugues. Peu de temps après, Bernard de So devint seigneur de Cortsavi et de La Bastide.
Le 18 des calendes d’octobre 1335, Bernard de So cède à Jacques II de Majorque, la baronnie de Cortsavi.Peu de temps après, Bernard de So devint seigneur de Cortsavi. Le 18 des calendes d’octobre 1335, c’est-à-dire aux veilles de sa mort, Bernard de So céda au roi Jacques de Majorque la baronnie de Cortsavi, le château de la Bastida et les dîmes de la vallée de Prats, en échange des châteaux de Millas et de Calce.
A la fin du XIV° siècle, Jean V d’Aragon nomma le donzell. Pierre de Rocafort, châtelain de Cortsavi, dont la seigneurie appartenait à la reine Yolande, son épouse. Mais cette dynastie n’ayant pas su conserver ce pouvoir, en 1474, le roi Jean Il s’empara du château par la force. Il n’en jouit d’ailleurs pas longtemps car, dès 1509, le dit château était déjà signalé en ruine, en raison de la suppression des corvées imposées aux habitants de cette communauté qui devaient en assurer l’entretien.
De cet édifice considérable, il ne reste que quelques gros blocs de pierre n’ayant pu être manipulés. Tout le reste servit de carrière aux habitants pour construire leurs maisons aux alentours. Seule subsiste encore la grande citerne qui alimentait en eau les dépendances féodales. Par souci de sécurité, la municipalité de Cortsavi l’a fait disparaître sous une dalle de béton.
Mais revenons à notre principal sujet.
La paroisse de Saint-Martin de Cortsavi, taxée à quinze livres, fut conférée, en 1391, au prêtre Nicolas Rossinyol.
En 1428, un violent tremblement de terre, connu sous le nom de séisme catalan de la chandeleur, fit crouler la chapelle Saint-Jacques, construite à l’initiative des châtelains. La reine Yolande d’Aragon, aussitôt informée, s’empressa de la faire rebâtir. Par contre, elle négligea l’église Saint-Martin qui, elle aussi, avait beaucoup souffert de ce cataclysme. Son clocher carré, dont des fouilles récentes font apparaître la partie souterraine, s’effondra sous la violence du séisme, Il ne fut pas reconstruit.
En dépit de ces malheurs, la paroisse Saint-Martin continua de subsister, puisque, dans un testament qu’il fit en 1548. Etienne Porta, curé de Saint-Martin de Cortsavi, laissa un legs au profit de cette paroisse.
D’après une légende, rapportée par la tradition, le coup de grâce fut porté à cette église, vers le commencement du XVII° siècle. Le curé, qui habitait le presbytère attenant et officiait dans ce sanctuaire, fut sauvagement agressé par des personnes étrangères à la paroisse. Ce crime crapuleux eut pour conséquence un pillage en règle de cet édifice sacré, qui contenait des objets de grande valeur, et la suppression du culte en ce lieu devenu pratiquement désert. En effet, pour des raisons de sécurité, ou pour toute autre raison que nous ignorons, les habitants de Cortsavi avaient quitté cette partie du territoire, jadis si vivante, pour aller se fixer autour des ruines du château féodal.
L’église Saint-Jacques fut alors reconstruite et devint l’église paroissiale des Corsavinois. Par déférence pour leur vieux patron, ces derniers détrônèrent Saint-Jacques et le remplacèrent par Saint Martin.