Faits divers

Affaire Rossignol

9 vendémiaire An 14

le maire de Corsavy,
à Monsieur Castillon, fermier de la forge de Corsavy

Monsieur Joseph Rossignol, del Touyre, propriétaire, est venu porter plainte, que, hier, alors que son troupeau était à sa métairie dite lo pla de San Marti, passa le fils aîné de Joseph Bounich, votre voiturier, avec votre chien Dejude, et parcourut un bélier du troupeau du dit Rossignol plus d'un quart d'heure. A la fin, il l'attrapa à la Bouque de la Fou, et il le dépeça, il lui fit trois ou quatre morsures au coll, il lui enleva presque toute une épaule, une cuisse et tout l'entrecuisse; tout massacré, je vis hier le bélier et j'ai donné ordre aujourd'hui de le tuer parce que en aucune manière il ne peut vivre.
Rossignol veut le bélier payé. Vous savez bien que, qui coupe le verre, il faut le payer. D'autant plus, fermez le chien qu'il ne porte aucun dommage. Autrement s'il arrive une seconde fois je serai forcé de vous le faire sortir de la commune ou de vous le faire tuer.
Je demande votre réponse.
J'ai l'honneur de vous saluer.

Marcé, maire

A Monsieur le maire de la commune de Corsavy,
Monsieur,

S'il est vrai que mon chien ait tué une bête à Touyre, je dois la payer, rien de plus juste; mais il est pareillement juste que le chien achève de la manger. J'ose croire que vous ne donnerez aucun ordre pour tuer le chien tant que l'animal ne fera de mal aux hommes. J'ai l'honneur de vous saluer, Monsieur.

Casteillo


Décès
28 brumaire An 14

Arles,
le juge de paix du canton d'Arles,
au maire de Corsavy,
Je vois, par votre lettre en date du jour d'hier que, vers 4 heures du soir un garçon âgé de 4 ans, fils de André Sunyé, au moulin d'en Maler, sortit de sa maison avec une de ses sœurs de 9 ou 10 ans, et que s'amusant à 4 pas de la maison, il se détacha un grand bloc de rocher qui tua malheureusement le garçon en présence de son père et mère qui l'entrèrent dans leur maison. La sœur a été blessée.

Décès à Batère

Jacques Parer, 27 ans, mineron, et Jean Vidal, 29 ans, mineron, tous les deux de Corsavy, nous ont déclaré que le 16 messidor de l’an 13 de la République, travaillant dans une même minière dite des Canals à Batère, Jean Gource, 30 ans, natif de Corsavy, marié avec Marie-Angélique Ortet, fils de Jean Gource et de Catherine Puigségur, défunts, était décédé ce jour d’une mort violente de disgrâce. Il exploitait la mine avec les dits déclarants et autres minerons ensemble, lorsque est descendu un gros roc de mine, et autres roches d’anechs et terre, qui l’a brisé de tout son corps. Plus de 20 minerons ont été obligés de couper ce grand roc de dessus son corps pour pouvoir l’en sortir. Puis, après on l’a porté en son domicile, dans la maison dite Case d’en Benture, rue du portal.
Les déclarants ont dit ne savoir signer

Enfant trouvé

Le 14 juin 1808, à deux heures du matin, Michel Saquer, 21 ans, de la Taillède, nous a déclaré, que, à 1 heure du matin, étant au lit avec sa femme, on est venu lui frapper à sa porte. S’étant levé, et ayant ouvert, il a trouvé un enfant seul. De loin, on lui a crié de le faire baptiser. Il nous le présente, tel qu’il l’a trouvé, emmailloté avec une ceinture de laine, deux draps de lin, une chemise, un habillement dit jacote, un capuchon blanc de laine, un bonnet à la tête, tout bien arrangé. Nous avons visité l’enfant, reconnu qu’il était de sexe masculin, qu’il paraissait âgé de deux jours, nous lui avons donné les prénoms de Michel, Archange, François. Nous n’avons trouvé aucune marque visible ni sur son corps, ni sur ses habillements. Nous avons ordonné qu’il soit remis au Maire d’Arles
Le procès-verbal a été dressé en présence de Jean Sala, maçon, âgé de 60 ans, et de André Fondecave, maçon de 40 ans, qui ont signé avec nous
Mais, le Maire d’Arles n’ayant pas voulu l’enfant, me l’a renvoyé le jour même par le porteur qui était Louis Janotet, brassier, âgé de 37 ans. Entre mes mains, j’ai fait des perquisitions pour trouver la mère de l’enfant qui était Thérèse Sitjar, fille, étant venue accoucher chez sa mère Thérèse Colomines, veuve de François Sitjar, et chez Marie Ourtous, sa sœur, femme de Martin Ourtous, mineron, domiciliés à Can Double.
En conséquence, je lui ai fait porter l’enfant par Marguerite Saquer, fille de Jean Saquer, en présence de Jean Saquer, laboureur, âgé de 60 ans, et de Michel Saquer, laboureur, âgé de 21 ans, frère de la porteuse du dit enfant, pour le nourrir et m’en donner un compte exact toutes et quantes fois je le lui demanderai.
Le procès-verbal de la remise de l’enfant a été dressé en présence des deux témoins ci-dessus, Jean Saquer et Michel Saquer, qui ont déclaré ne savoir signer.

Enfant trouvé

Marie Barbé, âgée de 39 ans, née Cruzet, femme de Joseph Barbé, métayère de las Balmas, et domiciliée à ladite métairie, nous a déclaré que ce jourd’hui, 26 juillet 1809, à 4 heures du matin, étant seule, en ouvrant la porte de sa maison, elle a trouvé au marchepied de la porte un enfant. Elle nous le présente, emmailloté avec une petite chemise, un petit drap, une borrasse très déchirée, une ceinture, et un capuchon en laine très déchirés, avec une coiffure de linge et autre en coton rapiécée. Après avoir visité l’enfant, sans trouver aucune marque, nous avons reconnu qu’il était de sexe féminin, qu’il paraissait âgé de deux jours. Nous l’avons inscrit sous les prénoms de Marie, Nurie, Marguerite. Nous avons ordonné que l’enfant soit remis à l’hôpital de Perpignan par Martin Xaubet, brassier, âgé de 29 ans.
Le procès-verbal a été dressé en présence de Jacques Delclos, 47 ans, cordonnier, et de Jean Noell, 49 ans, tisserand à lin, qui ont déclaré ne savoir signer
Le 6 juin 1810, à leur mariage, Jean Délos reconnaît l’enfant qu’il a eu avec Marguerite Deit.

Décès à Batère

François Poch, 26 ans, mineron, et François Delclos, 23 ans, mineron, compagnons du défunt, nous ont déclaré que François Ciréra, âgé de 33 ans, mineron, né et domicilié à Corsavy, fils des défunts Raphaël Cirera et de Thérèse Ciréra née Darné, est décédé le 17 février 1810, vers 1 heure du soir, à la montagne de Batère au minier des Indis.
Ils étaient huit compagnons qui, le samedi soir, s’apprêtaient à regagner leur domicile au village de Corsavy. Les deux premiers, qui sortirent de la baraque du dit minier, arrivèrent au village, massacrés d’un vent très fort et de tourbillons de neige. Le troisième, François Ciréra, parti de la dite baraque, a péri par un coup de vent qui l’a frappé à un rocher, joint avec le tourbillon et un froid excessif ; il est mort sur le coup
Les déclarants, François Poch et François Delclos, ont dit ne savoir signer

Naissance

Jacques Saquer, 24 ans, était conscrit de l’an 1807 de la commune de Corsavy. Le jour du tirage, à Arles, le sort lui donna le numéro relevé ; puis, à la préfecture, on le tira une seconde fois pour soldat de la garde des frontières. On le fit aller à Bellegarde, et il déserta. Ensuite, le 8 janvier 1811, à Corsavy, il contracta mariage avec Catherine Vilalongue.
Les 27, 28 et 29 août 1811, Monsieur le Préfet lui fit faire des frais par M. Lemaire, officier de recrutement. Il partit de Perpignan, avec les autres soldats, le 30 août 1811. Depuis, il a écrit du dépôt de la ville de Hambourg, en Allemagne.
Moi, Sauveur Marcé, maire, j’ai été témoin du départ.
Aujourd’hui, le 16 janvier 1812, Jean Vilalongue, 27 ans, laboureur, domicilié à Corsavy, beau-frère du dit Jacques Saquer et frère de Catherine Vilalongue, nous a présenté un enfant de sexe féminin, né aujourd’hui à 3 heures du matin, déclarant qu’elle était fille de Jacques Saquer, domicilié à l’Armée de l’Empire français, et de Catherine Vilalongue, et à laquelle il a voulu donner les prénoms de Marguerite, Catherine, Marie
En présence de Jean Romeu, 40 ans, cultivateur, et de Thomas Oms, 39 ans, brassier, qui ont déclaré ne savoir signer.

Promesse de mariage

23 brumaire An 10( 13 novembre 1801)

Marcé, maire, à Serradell, juge de paix

Ce, pour vous dire que le nommé Bardétis Jean fils de Jacques Bardétis de Léca, porteur de la présente, est venu ne trouver avec son père pour me dire que Michel Deit et son épouse Marie Deit les avaient contacté pour le mariage avec leur fille Marie Deit, et, que, maintenant, ils ne veulent plus. Je suis allé faire chercher Deit, et, devant moi, il a confessé son tort; la jeune fille a des vues sur un autre jeune homme, et elle a confessé son tort; je lui ai fait la morale.

Sauveur Marcé.