COMMUNE DE CORSAVY
17 janvier 1793
Commune de Corsavy:
nombre de feux 128
nombre d'habitants 611
citoyens ne payants aucune taxe : 27
citoyens ne payant plus de 3 livres ½ 39
infirmes : 6
enfants de pauvres hors d'état de gagner leur vie: 37
OCCUPATION ESPAGNOLE
7 mars 1793
déclaration de guerre à l'Espagnele 16 avril 1693
Julia, maire d'Arles, demande des montures, soit 15 mulets pour porter les équipages de 5 compagnies qui doivent monter à St Laurentle 17 avril 1793
Les Espagnols rentrent à St Laurent de Cerdansle 18 avril 1793
le maire de Corsavy au citoyen Julia, maire d'Arles
En réponse à l'ordre de réquisition du général, que hier soir on me remit, de descendre notre garde nationale aujourd'hui à Arles, vous n'ignorez pas que nous sommes sans armes et sans munitions. Si vous en avez vous pouvez de suite nous en envoyer. Déjà hier soir j'ai donné l'ordre à notre garde nationale de descendre. Ils m'ont répondu qu'ils ne voulaient pas partir sans armes et sans munitions. Dès qu'on me les aura remis, je les ferai partir de suite.
A Corsavy le 18 avril 1793, l'an 2 de la République
Jean-Antoine Vilanove Darguynes, mairele 19 avril 1793
Julia, maire d'Arles, au maire de Corsavy
Vous êtes averti de la part du général Despagne qui se trouve à Arles avec beaucoup de forces d'envoyer tout de suite 20 mulets, et si vous les envoyez sans forces, vous serez protégés.le maire de Corsavy à Julia, baile d'Arles
J'ai bien reçu votre ordre par lequel vous nous ordonnez de la part du général d'Espagne, qui se trouve à Arles, de fournir des mulets. J'ai commandé 20 mulets pour partir de suite, et se trouver à Arles, en obéissant toujours aux ordres du sieur général
Jean-Antoine Vilanove Darguines, maire de Corsavydu 24 avril au 30 mai 1793
invasion de la commune de Corsavy par les Espagnols
L'armée espagnole est conduite par le comte de Panetierle 16 mai
Julia, maire d'Arles: " Toutes les montures, tant grandes que petites, pour se rendre à Figueras. Envoyez cet ordre à Léca et à Montferrer"le 4 juin
Julia, maire d'Arles: " Envoyez des chevaux"le 5 juin
Julia, maire d'Arles: " Envoyez tous les mulets"le 4 novembre
Prats de Mollo:
Laissez-passer sans trouble le baile de Corsavy.
signé: le Comte de PanetierL'armée va camper sur les hauteurs de Montbolo ( comte de Panetier) et à la tour de Batère ( comte de
Florian)le 13 novembre 1793
de Garcia, baile de St Laurent, au baile de Corsavy
Le baile de Corsavy fera attention à tous les bagages, et il faudra les accompagner à l'endroit où aura passé l'année.
Note de Vilanova: J'ai donné des guides: Jean Vilar et Michel Gurse-Bigot. Les porteurs de bagages ont volé un mouton à la Taillède et un autre à Paul Balls aux Bigorrats de dalt. Ils les ont mangés à la Farga.le 14 novembre
Le baile de Corsavy se rendra demain à huit heures du matin à Montbolo et y fera conduire un boeuf et douze moutons, le tout sans retard ou sous peine corporelle.
signé: le Comte de Panetier, commandant des troupes de Sa Majesté Catholique.
Fait sur les hauteurs de MontboloLe Comte Florian à la tour de Batère
le 18 novembre
II est ordonné à Mr le Baile de Corsavy de m'envoyer demain 12 charges de solivesle 20 novembre
Les moutons que vous m'avez envoyés ne sont pas de 12 livres. Ils sont tout au plus de 7 livres.
Tous les habitants de Corsavy devront aller à la tour de Batère pour y travailler pour le compte du Roi, et en cas de contrevention les dits habitants seront condamnés à 80 réaux d'amende et le sieur baile comme contrevenant aux ordres militairesle 22 novembre
Monsieur le baile de Corsavy me fera passer des moutons jusqu'à nouvel ordre
note du maire: Aujourd'hui 23 novembre j'ai donné ordre à Paul Balls, métayer des Bigorrats de mener ce matin 6 moutons à la Tour de Batère sous peine de désobéissancele 23 novembre
Monsieur le balle, L'ordre que je vous avais donné d'envoyer 6 faix de paille était d'urgente nécessité. La troupe sera sans paille cette nuit.
Demain il m'arrive de la troupe. J'ai besoin de 12 fagots de paille sans faute, et vous m'enverrez le nom de ceux qui ont été commandés pour la porter aujourd'hui afin de les punir s'ils ne sont pas rendus demain à 8 h demain.le 25 novembre
Contribution de 500 livres de bon pain et bien cuitle 25 novembre
Monsieur le Baile de Corsavy enverra demain au matin les moutons de contribution qu'il est obligé de me faire fournir; de plus en conséquence des ordres de Mr de Panetier, commandant à Montbolo, il m'enverra 2 outres de vin pour la troupe. Le vin doit arriver ce soir, à défaut de quoi, il sera traité comme contrevenant aux ordres militaires, et viendra lui-même demain matin recevoir les ordres que j'ai à lui donnerComte de Panetier
le 30 novembre
Le peuple de Corsavy se plaint que les pagés ne veulent pas vendre leurs grains. Je vous charge de faire publier que tous les propriétaires doivent ouvrir leur grenier, et vendre leur blé au cours, la contribution de Corsavy finira le 3 décembre exclusivement. Je défends aux habitants de passer du côté de St Marsal jusqu'à nouvel ordre, j'invite tout le monde à la paix et au repentir. Ils trouveront en moi protection et sécurité.Lettre du maire
8 décembre 1793Monsieur,
Nous avons reçu votre lettre du jour d'hier. En réponse, je vous dirai que nous n'avons ni herbe, ni grains, malgré ce qui se trouve ici, nous n'en avons pas assez pour le peuple; malgré le peu, nous faisons tous les sacrifices et nous donnerons tant que nous pourrons pour le soutien de la Cavalerie de Sa Majesté. A cet effet, vous recevrez aujourd'hui quelques faix d'herbe. Le temps ne nous a pas permis de faire toutes les perquisitions, ce que nous exécuterons aujourd'hui, et nous ferons tous nos efforts. Je tâcherai, après la recherche que je ferai aujourd'hui de vous faire passer tout ce que je pourrai, vous prévenant que nous sommes sans grains; en cas ce ne sera que de l'herbe et paille, croyez-moi.
Votre très humble et très obéissant serviteur,
Jean-Antoine Vilanove, balle de Corsavy.Fournitures à M. Fleurian, commandant à la tour de Batère
23 nov. 93 Jacques Deit vin
25 Jean Pons vin
27 Pierre Marcé vin
27 Sébastien Tubert vin
29 Jean Marti vin
29 nous pain ( 5 quintaux)
1 déc. 93 j'ai pain ( 5 quintaux et demi)
1 & 3 Jean Gourse, maréchal vin
1 & 3 Michel Deit vin
5 Jacques Deit, pagés vin
5 Raphaël Sirera vinEtat estimatif des moutons et brebis fournis par les particuliers, pagés de la commune de Corsavy, à Mr le Comte, commandant à Montbolo
Martin Madern 18
Thomas Sala, Madeloc 18
Jacques Panicot 6
Martin Romeu 12
Jean Oms 12
Abdon Villalongue 8
Marc Pairo 4
François Mallart 12
Jérôme Pairo 6
Joseph Rossignol 10
Jean Pairo 6
Paul Baills 6
Joseph Rossignol, Freixe 12
Jean Saqué de la Taillède 18Notes de Jean-Antoine Vilanova, maire
le 27 janvier 1794
S'est présenté François Lavail, meunier du médecin Costa, à la Farga, lequel m'a déclaré qu'à 4 heures du soir est entré un soldat à sa maison lui demandant un guide pour aller à Corsavy à la maison du sieur baile. Le soldat a refusé pour guide François Lavail et n'a voulu que sa fille nommée Marianne pour guide, en le menaçant de son fusil. François Lavait a été contraint de lui livrer sa fille pour guide, mais appréhendant un mauvais dessein il l'a suivi de près. Voyant que le soldat renversait sa fille par terre, François Lavail a crié. Alors le soldat, ayant laissé sa fille, lui a ordonné de laisser son fusil qu'il portait pour sa défense, et de s'en aller. Il lui a pris le fusil, et en reculant le soldat lui a tiré son coup de fusil,
S'est présenté un soldat de la tour de Batère, qui se nomme Francisco Martin Delgao qui m'a dit que le nommé François Lavail lui a refusé de venir lui montrer la maison du sieur baile qui devait envoyer deux Boutons à Batère, Alors il a pris sa fille pour guide. Mais, chemin faisant, François Lavail lui est sorti avec une escopète. Ce soldat dit que François Lavail lui tira un coup mais que l'escopète n'a pas voulu prendre. Et, alors, Martin Delgao, soldat, tira en l'air son coup de fusil, désarma François Lavail, et m'a remis l'escopète.
Je fais remarquer que le susdit François Lavail a le droit d'avoir des armes.
le 2 février 1794
S'est présenté Jean Oms, métayer a Case Pinous, qui m'a dit que le 30 janvier deux soldats de la tour de Batère sont venus à sa maison à 2 heures de l'après-midi; ils lui ont fait de grandes menaces de lui ôter le cou, ils l'ont attaché et l'ont mené à un quart de lieue à la métairie du Casot pour le laisser aller; ils lui ont fait promettre qu'il leur donnerait quatre dourous.le 3 février
S'est présenté Dominique Rossignol, métayer au Freixe, lequel m'a déclaré que le 24 janvier des soldats de la tour de Batère passèrent à sa maison. Ils lui ont éventré et fracassèrent un garde-robe qu'ils lui ont ouvert avec la clef qu'ils le forcèrent. Ils lui emportèrent quatre dourous, deux couteaux, quatre livres de grenaille pour la chasse, un pany d'escopète, deux pistoles dont l'une sans pany, trois ragingo dits gambetas, trois bonnets rouges, quatorze fromages petits, une veste, une paire de bas de laine blanche, trois mouchoirs de soie, quatre mouchoirs de moucher, et deux caputxes, l'une d'estamine et l'autre de bayete. A son frère, Jean Rossignol, ils lui ont pris 18 écouts neufs, 7 dourous, sa cornemuse et un fusil. Dominique Rossignol ajoute qu'ils ont menacé de le tuer, et qu'ils lui enlevèrent de sa poche 7 dourous et 3 pesetas.
le 6 février
S'est présenté le beau-père de Jacques Llanas, mon meunier, lequel m'a déclaré qu'ils lui ont pris 30 dourous et 20 pesetas d'Espagne, qu'il avait dans un trou au pied du moulin.le 10 février
Se sont présentés Rosa Lavail et Michel Lavail, mère et fils, meunier de Louis Costa, médecin, qui m'ont dit que le trois février à 8 heures du soir, trois soldats armés qu'ils disent être du poste de Batère, furent heurter la porte. Au même instant sortit à la fenêtre disant :" Qui va là ?". Ils répondirent :" Descendez promptement ouvrir la porte, que nous sommes gens de bien". Elle répondit qu'à cette heure elle n'ouvrait pas la porte, étant seule à la maison, " Allez-vous en a la forge, que là vous trouverez mes meuniers". Alors ils lui répondirent pour la seconde fois de descendre vitement ouvrir la porte, que autrement ils allaient mettre le feu au moulin. Alors elle leur ouvrit la porte, deux d'entre eux montèrent et l'autre resta à la porte. Ils s'assirent un instant près du feu et la meunière leur demanda si la nation était là. Ils lui répondirent oui, et alors ils lui demandèrent d'allumer une lampe pour voir si elle avait les armes qu'elle avait prêté aux espagnols. Ils entrèrent dans une chambre pour voir s'il y avait des armes. Etant là, ils lui dirent de leur donner l'argent d'un cochon qu'elle avait vendu. Elle leur répondit qu'elle n'avait pas d'argent, et ils lui firent ouvrir une caisse où elle avait huit piécettes qu'ils emportèrent. Au même instant, François Lavail, meunier, arrive: ils lui dirent de leur ouvrir son garde-robe pour voir ce qu'il y avait dedans. Ce qu'il fit, et tout de suite ils lui demandèrent de leur donner des cordes parce qu'ils voulaient l'attacher. Et le meunier, entendant cela, sauta par une fenêtre. Alors ils donnèrent un coup de fusil à la main de Michel Lavait, son fils; et ils s'enfuirent tout de suite.le 13 floréal An 2 ( 2 mai 1794)
S'est présenté Sébastien Tubert, officier municipal, lequel a déclaré qu'ayant abandonné ses foyers pendant l'invasion des Espagnols, il s'est empressé de rentrer aujourd'hui avec les troupes françaises qui ont heureusement repoussé l'ennemi, et qu'il venait reprendre son poste pour servir la République dans tout ce dont il sera capable; ayant déclaré, en outre, avoir pendant son absence résidé dans les terroirs de La Bastide et de Boule d'Amont, pays non envahi.
signé: Vilanova Darguÿnes, maire; Pons, officier municipal; Gursa; Marcé, greffier; Vicens Thibaut;
Isidore Thibaut.