Combat pour le "non a la THT"
Ce combat est ouvert a tous. Tous ceux qui souhaitent apporter leur volonté et leur expérience sont les bienvenus
Vallespir : les anti-THT mobilisent
No pasaran ! Le vénérable mot d'ordre des Républicains espagnols a repris du service. Cette fois, on ne se dresse pas contre les franquistes, mais contre des pylônes. Les Pyrénées-Orientales sont vent debout contre un projet d'interconnexion électrique entre la France et l'Espagne. Les deux gouvernements doivent prendre une décision sur le dossier lors du sommet franco-espagnol du 7 décembre à Saragosse. Du coup, les opposants organisent, ce week-end au cœur du Vallespir, à Arles-sur-Tech, un « contre-sommet » : débats, tables rondes et musique.
L'affaire a débuté en 2001, lorsque les gouvernements Jospin et Aznar décident de cette interconnexion. Au départ, celle-ci doit suivre le tracé du futur TGV. Sur le terrain, ça ne passe pas. Ni les habitantsni les élus n'en veulent. Hier, à Perpignan, les responsables de Réseau de transport d'électricité (RTE) ont continué à défendre « un projet diabolisé par des arguments du domaine des fantasmes ». Alain Hérault, directeur du développement à RTE, a indiqué ne pas pouvoir « répondre à des argumentations qui en appellent à l'insurrection civique ». Et d'expliquer : « Nous avons proposé une alternative. Pourquoi ne pas renforcer une ligne de 400 000 volts qui existe déjà depuis 1964 dans le Vallespir ? »
Les pylônes seront un petit peu plus hauts (40 M. au lieu de 35), mais RTE promet que l'on en profitera pour se faire plus discret dans certains villages, comme Saint-Marsal ou Corsavy. Seulement voilà : à un point donné, il faudra quitter l'ancienne ligne et en créer une nouvelle, qui glisse vers Figueras. « Alors, comment voulez-vous qu'une région comme la nôtre, qui mise sur le tourisme vert, se retrouve avec un paysage défiguré ! », s'insurge Jean-Claude Reverdy, un des porte-parole du mouvement anti-THT.
LE SERMENT DE MONFERRER
On croyait que l'idée de ligne transpyrénéenne avait été abandonnée. Dans la vallée, c'est la remobilisation. Au mois d'août, quatorze maires du Vallespir ont prononcé ce que l'on appelle désormais le « serment de Monferrer ». Les élus refusent tout contact avec RTE.Côté élus, c'est un « niet » du maire UMP de Perpignan Jean-Paul Alduy. Quant à Christian Bourquin, président PS du conseil général, lui aussi opposé au projet, il « pourrait prendre l'initiative d'un référendum local dans le département ». Au-delà de l'aspect esthétique, les opposants posent la question de l'utilité d'un tel chantier : « On nous parle d'une nécessité d'interconnexion entre la France et l'Espagne, rappelle Alain Rollat, un autre militant anti-THT. On a voulu faire passer la ligne à l'ouest, au centre, maintenant à l'est. Cela dure depuis 20 ans… Ce n'est donc pas une nécessité ! C'est juste que RTE veut vendre son surplus d'énergie nucléaire ! »
« L'interconnexion se justifie aussi lorsque l'on sait que la France a besoin d'électricité l'hiver, à cause du froid, alors que l'Espagne en a besoin l'été à cause du tourisme. Et puis, les Catalans sont demandeurs… », répond Alain Hérault.
« L'Espagne dispose depuis peu de centrales à gaz très performantes et n'a plus besoin de la France », réplique Jean-Claude Reverdy. « En attendant, nous ne voulons pas que Chirac et Zapatero entérinent le projet présenté par RTE et c'est pour cela que nous nous mobilisons ce week-end à Arles-sur-Tech. » Les opposants veulent en profiter pour jeter les bases d'une charte de l'environnement pyrénéen, avec droits et devoir de ses habitants. Une mobilisation citoyenne qui ira au-delà des Pyrénées, avec des invités d'Écosse, et au-delà de l'électricité, avec des débats plus généraux sur l'environnement.
Si, entre ces manifestants, le courant passe, alors, il sera sans doute alternatif.
Dominique Delpiroux
L'Association Cortsavy Sempre s'interroge
La mobilisation contre le projet d'implantation de la T.H.T sur les terres catalanes est unanime et fondée sur des arguments très percutants. Il est donc judicieux de rappeler qu'il s'agit de la construction d'une ligne à très haute tension nécessitant une série de pylônes mesurant chacun 60 m de hauteur pour une superficie au sol de 400 m².
Or, ce sol, cette terre qui doit les supporter est à haut risques sismiques. Cette sismicité résulte de la convergence des plaques africaine et eurasienne. Le zonage sismique établit une hiérarchie entre les diverses zones géographiques françaises et qualifie le niveau sismique à prendre en compte dans chacune d'elles dans le but de prévenir et de protéger la population.
Le département de Pyrénées Orientales est classé dans son intégralité dans la zone II ce qui signifie qu'une secousse d'intensité supérieure à IX a été observée historiquement : il faut évoquer ici le séisme dévastateur dont l'épicentre se situait dans la région de Vich et dont les effets destructeurs anéantirent une partie de Haut-Vallespir et en particulier la ville de Prats de Mollo et furent ressentis jusqu'à Perpignan.
On classe également dans la zone II les régions ayant eu des périodes de retour d'une secousse sismique d'intensité supérieure ou égale à VII : il est à signaler que récemment le sous-sol catalan a été ébranlé par un tel séisme dans le Fenouillèdes, sans compter les petits séismes ressentis, çà et là, dans le département ces dernières années.
Cette situation doit être prise au sérieux. L'Etat mène d'ailleurs une politique générale face à ces risques. Des textes législatifs réglementaires existent. Il faut les appliquer !
En outre des travaux effectués en 1990 et en 1998 sur l'analyse comparative des données de la tectonique, de la sismotectonique et de la géomorphologie indiquent que les P.O constituent la zone à risque maximal en France. D'ailleurs, actuellement l'étude se focalise sur la faille du Tech !
Les travaux sont publiés, connus. Nous ne comprenons pas que notre département et à fortiori le Haut-Vallespir aient été choisis par RTE pour implanter ce transporteur aérien hors du commun. Nous ne voulons pas de ce géant aux pieds d'argile ; les risques encourus seraient incommensurables
L'implantation d'une nouvelle ligne à très haute tension reliant la France à la Catalogne Sud en transitant par notre région du Haut-Vallespir provoque au plus haut point l'inquiétude et l'indignation de nos concitoyens.
L'Association " Cortsavy Sempre " ainsi que les Associations……ayant pour vocation la défense de notre environnement et de notre patrimoine naturel sont impliquées dans le refus unanime de ce projet.
En effet, les répercussions seraient désastreuses dans bien des domaines, à savoir :
- La pollution visuelle engendrée par les double alignement de pylônes de 60 m de haut, 35 m de large et d'une surface au sol de 400 m² chacun. Ceci entraînerait notamment une déforestation préjudiciable à l'écosystème de ce versant sud du Canigou, et par voie de conséquence, accentuerait l'érosion qu'elle soit d'origine éolienne ( forte tramontane) et pluviale avec risques de glissements de terrain ( cf. inondation 1940)
- En outre, il est primordial de signaler que le Haut-Vallespir, situé sur la faille du Tech ( actuellement à l'étude) présente le plus grand risque sismique de la métropole française ( études 1990 et 1998). Cette région est classée niveau 2 et toute nouvelle construction est assujettie au règlement antisismique en vigueur.
- D'autre part, les populations riveraines de ces THT seraient soumises en permanence et contre leur gré à des champs électromagnétiques de très forte intensité dont la nocivité fragilise les systèmes immunitaires des êtres vivants dont les Humains ( cf. symposium d'experts organisé par l'Union Européenne, Londres 1994).
- Enfin, notre région, hautement touristique serait frappée de plein fouet dans ce qui fait sa richesse et son identité.
Alors qu'au niveau planétaire les dirigeants se penchent sur la sauvegarde des patrimoines naturels, ne serait-il pas paradoxal de sacrifier cette région de France encore relativement préservée et authentique à des fins lucratives ?